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Le carnet de voyage de Jean-Pierre (14 pages)

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24 juillet Nouakchott. - publié le 04.08.2007
Nouakchott, la capitale de la Mauritanie a été créée juste après l’indépendance en 1960, pour tenter de sédentariser ce peuple de nomades. Pari gagné car la ville ne cesse de s’étendre et aujourd’hui des nouveaux quartiers se rapprochent du bord de mer. Aux Maures, est venue s’ajouter une colonie de Noirs, essentiellement des Wolofs et des Sonikés. La cohabitation entre les deux communautés est malaisée : Les Maures détiennent la richesse et le pouvoir confinant les Noirs dans la pauvreté et le désespoir. Il en résulte que les premiers considèrent les seconds comme des indésirables en les accusant de tous les maux : Bandits, voleurs, etc. Quant à la population noire, elle voue une haine visible à leurs oppresseurs.

tLorsque nous arrivons à la « plage des pêcheurs », il est seize heures, c’est le bon moment, ça grouille de monde sur le beau sable blanc. C’est l’agitation d’une foule bariolée par les habits des femmes et rythmée par le bruit des vagues qui déferlent sur la côte. Des enfants courent dans tous les sens devant le cordon de dunes où sont alignées à perte de vue des centaines de pirogues. Ces embarcations, qui ne sont pas aujourd’hui sorties en mer ou qui sont déjà rentrées, semblent guetter l’Océan et veiller au retour des leurs. Sur les coques multicolores, nous observons des écritures en caractères arabes, des prières en wolof pour conjurer le mauvais sort. Protection illusoire, pour ces marins qui pratiquent une pêche aux conditions archaïques sur leur pirogue. Nombreux sont ceux qui périssent en mer ou qui y disparaissent. A chaque fois qu’une pirogue s’approche de la grève, les acheteurs et les vendeurs se préparent. Dès que la pirogue s’échoue sur le sable et que les piroguiers s’emploient à remonter l’embarcation en haut de la dune, la foule l’encercle en gênant la manœuvre. Les hommes pêchent et déchargent le poisson, les femmes le trient et le préparent sur place. Ensuite elles retournent dans la « Capitale » pour vendre le yayboy. D’autres viennent sur la plage pour acheter directement aux pêcheurs ou pour approvisionner les restaurateurs. Enfin des ânes tirent des charrettes, pour transporter des caisses remplies du produit de la pêche, vers le Marché aux poissons construit un peu en retrait de la plage, par les Japonais.
(extrait de l’Afrique en Deuche)


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